Jardin 05/04/2026 8 min de lecture

Entretien jardin : locataire ou proprio, qui paie vraiment ?

Vous avez hérité d'un petit coin de verdure en location, mais les herbes folles poussent plus vite que vos bonnes intentions ? Ou peut-être que vous êtes proprio et que le locataire laisse tout partir en vrille. On va démêler ça ensemble, sans bla-bla inutile. La réponse est dans la loi, mais elle c

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Vous avez hérité d'un petit coin de verdure en location, mais les herbes folles poussent plus vite que vos bonnes intentions ? Ou peut-être que vous êtes proprio et que le locataire laisse tout partir en vrille. On va démêler ça ensemble, sans bla-bla inutile. La réponse est dans la loi, mais elle cache quelques pièges qu'il faut connaître.

La loi fixe les règles : bail et décret au crible

Soyons directs : le locataire paie l'entretien courant du jardin. C'est écrit noir sur blanc dans le décret n°87-712 du 26 août 1987 et confirmé par l'article 7 de la loi du 6 juillet 1989. Pas d'ambiguïté sur ce point.

Ce décret liste précisément ce qui rentre dans l'entretien courant : la tonte de la pelouse, le désherbage des allées, le ramassage des feuilles mortes, l'arrosage des plantations, la taille des haies et arbustes, même le remplacement des petits arbustes morts. Prenez un jardin de 200 m² typique en banlieue parisienne. Si la pelouse n'est pas tondue depuis trois semaines, que les massifs sont envahis de mauvaises herbes et que les gouttières débordent de feuilles, c'est du ressort du locataire. Tout ça.

Mais voilà le truc qui échappe à beaucoup : cette obligation n'existe que si elle est stipulée dans le bail. Vous louez un appart avec un minuscule balcon ? Pas d'obligation d'entretien si c'est pas écrit. Le bail, c'est votre Bible.

Qui sort le sécateur pour la tonte et la taille ?

Concrètement, le locataire doit gérer les tâches suivantes :

  • Tondre régulièrement la pelouse (pas une fois tous les trois mois, hein)
  • Tailler les haies et les arbustes
  • Désherber les allées et massifs
  • Arroser les plantes et fleurs
  • Ramasser les feuilles mortes
  • Nettoyer et entretenir la piscine si elle existe
  • Réparer ou remplacer les tuyaux d'arrosage

Le proprio, lui, doit fournir un jardin en bon état au moment de la signature du bail. C'est sa responsabilité de base. Après, il s'efface pour l'entretien courant. Les litiges surgissent souvent quand on confond "entretien courant" et "remise en état". Un jardin laissé à l'abandon pendant deux ans ? Les travaux de remise en état tombent sur le locataire, même s'il n'en est pas responsable directement. C'est la jurisprudence qui l'a établi.

Tâche Locataire Propriétaire
Tonte pelouse ✓ Oui
Taille haies et arbustes ✓ Oui
Désherbage allées ✓ Oui
Élagage arbres dangereux ✓ Oui
Réparation clôture endommagée ✓ Oui
Nettoyage gouttières ✓ Oui (si accessible) ✓ Oui (si dangereux)
Remplacement arbustes morts ✓ Oui (petits) ✓ Oui (gros)

Plantes malades ou envahissantes : alerte rouge !

C'est là que ça devient compliqué. Un arbre qui penche dangereusement ? C'est du ressort du proprio. Un élagage qui coûte 500 euros parce que les branches menacent la stabilité du toit ? Propriétaire. Traitement d'une maladie grave sur les arbres fruitiers ? Propriétaire aussi, c'est une intervention structurelle.

Le locataire, lui, gère les petits travaux : tailler légèrement les branches qui gênent, enlever les branches mortes accessibles, arroser régulièrement pour éviter les maladies. Mais si un arbre est malade à cause de la négligence du locataire (pas d'arrosage pendant deux ans), là c'est plus compliqué. Le locataire paie la remise en état.

L'enlèvement d'une souche d'arbre ? Généralement propriétaire, c'est une intervention lourde. Franchement, c'est le genre de truc qui finit devant un juge des contentieux si les deux parties ne s'entendent pas. Mieux vaut être clair dès le départ.

Qui assume les frais d'outils et de pros ?

Avant de choisir, jetez un œil aux entreprises recensées à [Brest](https://tonte-pelouse.fr/villes/brest.html) pour comparer les devis.

Voilà une question qu'on oublie souvent. Le locataire doit entretenir le jardin, mais avec quoi ? Si le propriétaire fournit une tondeuse, le locataire en assure la maintenance basique (nettoyage, petites réparations). Les gros travaux de réparation de la tondeuse ? C'est le propriétaire qui paie.

Maintenant, si le propriétaire propose un contrat avec un jardinier professionnel, attention. Le locataire peut refuser et faire l'entretien lui-même. Le propriétaire n'a pas le droit d'imposer un prestataire spécifique. En revanche, il peut proposer ce service et le refacturer au locataire sur le bail, mais seulement si c'est écrit noir sur blanc au moment de la signature.

Un conseil perso : les proprios qui veulent vraiment éviter les problèmes proposent un contrat d'entretien mensuel (30 à 50 euros selon la région) plutôt que de laisser le locataire gérer. Ça coûte moins cher qu'une remise en état à 2000 euros à la fin du bail.

Locataire fautif : proprio, comment vous défendre ?

L'état des lieux, c'est votre meilleur ami. Prenez des photos détaillées du jardin à l'entrée : pelouse, haies, massifs, clôtures. Datez tout. À la sortie, vous avez la preuve si le locataire a laissé pourrir.

Si le jardin est clairement négligé à la sortie, vous pouvez retenir des frais sur le dépôt de garantie pour remise en état. Mais attention : vous devez justifier chaque euro. Une facture d'un paysagiste qui détaille les travaux, c'est indispensable. Une remise en état complète d'un jardin de 300 m² ? Comptez 1500 à 2500 euros selon la région.

Avant d'en arriver là, envoyez une mise en demeure au locataire. Écrivez-lui un courrier officiel (recommandé avec accusé de réception) décrivant l'état du jardin et lui donnant 15 jours pour régulariser. Si rien ne bouge, vous avez des preuves solides pour agir. Les huissiers connaissent bien ces dossiers.

Proprio laxiste : droits du locataire pour riposter

Le propriétaire doit livrer un logement décent avec un jardin en bon état. Si vous entrez et que c'est une jungle, vous avez le droit de vous plaindre. Documentez tout en photos dès l'état des lieux.

Vous pouvez demander au propriétaire d'effectuer les travaux nécessaires. S'il refuse ou traîne, vous avez plusieurs options : signaler à la mairie si c'est un problème d'hygiène, demander une réduction du loyer, ou saisir le tribunal. Les prud'hommes ont tranché plusieurs fois en faveur de locataires qui ont dû vivre dans un jardin pourri.

Ne laissez pas pourrir. Agissez dans les trois mois après l'entrée si possible. Passé ce délai, c'est plus difficile de prouver que c'était l'état initial.

Modèle de clauses bail pour un jardin zen

Voici trois clauses qu'on peut intégrer directement dans un bail :

Clause 1 (Entretien courant) : "Le locataire s'engage à entretenir régulièrement le jardin, notamment à tondre la pelouse toutes les deux semaines en période de croissance, à désherber les allées mensuellement et à arroser les plantations selon les besoins saisonniers."

Clause 2 (État des feuilles mortes) : "Le locataire doit ramasser les feuilles mortes au minimum une fois par mois en automne et nettoyer les gouttières deux fois par an, en octobre et avril."

Clause 3 (Gros entretien) : "Le propriétaire prend en charge l'élagage des arbres, la réparation des clôtures endommagées et tout travail nécessitant des équipements spécialisés ou une expertise professionnelle."

Ces clauses ont l'avantage d'être précises et légales. Elles évitent les interprétations vagues du type "entretien régulier", qui cause des conflits.

Erreurs à ne pas commettre côté jardin

Première erreur : ne pas photographier l'état des lieux d'entrée. Vous rentrez dans l'appart, le jardin est un champ de bataille ? Prenez des photos immédiatement. Sans preuves, impossible de prouver que ce n'était pas votre faute.

Deuxième erreur (locataire) : planter des arbres ou faire des aménagements majeurs sans accord écrit. Vous arrivez avec des idées de jardinier amateur, vous plantez des rosiers partout, et à la sortie le propriétaire vous réclame 800 euros de remise en état. Ça arrive.

Troisième erreur (proprio) : ignorer les saisons. En hiver, la pelouse pousse moins. En été, c'est l'inverse. Si vous exigez une tonte hebdomadaire en janvier, c'est abusif. Le bail doit tenir compte du calendrier.

On retrouve les spécificités locales et les prix moyens sur la région [Auvergne-Rhône-Alpes](https://tonte-pelouse.fr/regions/auvergne-rhone-alpes.html).

Quatrième erreur : confondre "entretien courant" et "remise en état". Le locataire n'est pas responsable de remettre à neuf un jardin qui était déjà dégradé à son arrivée. Il doit juste le maintenir dans l'état où il l'a trouvé.

Cinquième erreur : ne pas communiquer. Un petit souci avec le jardin ? Écrivez à l'autre partie. Un mail, c'est une preuve. Les malentendus deviennent des litiges quand personne ne parle.

État des lieux jardin : le guide pratique

À l'entrée, décrivez précisément :

  • État de la pelouse (tondue, présence de mauvaises herbes, zones dégradées)
  • État des haies et arbustes (taille, santé, présence de branches mortes)
  • État des allées (propreté, présence de mousse ou lichens)
  • État de la clôture (intégrité, peinture, présence de rouille)
  • Présence et état des installations (piscine, bassin, tuyaux d'arrosage)
  • Présence de déchets ou encombrants

Prenez des photos de chaque zone. Datez-les. Conservez-les. À la sortie, vous refaites exactement la même chose. Les différences seront évidentes.

Si vous louez un bien avec jardin, c'est votre responsabilité de documenter tout ça. Ça prend 30 minutes et ça vous évite des milliers d'euros de conflits.

Questions qu'on se pose vraiment

Qui paie la facture d'eau pour l'arrosage du jardin ?

Le locataire. C'est une consommation courante liée à l'usage du bien. Sauf si vous avez un compteur séparé pour le jardin et que c'est négocié au bail.

Le locataire peut-il refuser d'entretenir un très grand jardin ?

Techniquement non, c'est dans ses obligations. Mais s'il le juge disproportionné, il peut négocier un contrat d'entretien avec un pro, dont le coût est partagé ou refacturisé au propriétaire.

Qui paie si un arbre tombe lors d'une tempête ?

C'est généralement de la force majeure. L'assurance du propriétaire devrait couvrir. Pas le locataire, sauf s'il y a eu négligence flagrante d'entretien.

Le propriétaire peut-il imposer un jardinier spécifique ?

Non. Le locataire a le droit de choisir comment il entretient le jardin. Le propriétaire peut proposer un service, pas l'imposer.

Que se passe-t-il si le locataire laisse tout pourrir ?

Retenue sur le dépôt de garantie, mise en demeure, et potentiellement résiliation du bail. Le propriétaire a des recours.

En copropriété, qui paie l'entretien du jardin collectif ?

C'est une charge récupérable. Tous les copropriétaires contribuent, y compris les locataires via leur propriétaire.

Au final, la règle est simple : l'entretien courant, c'est le locataire. Les gros travaux, c'est le propriétaire. Mais tout dépend de ce qui est écrit dans le bail. Lisez-le attentivement avant de signer. C'est votre meilleure protection.


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